WeBSurg, la référence e-chirurgicale en chirurgie laparoscopique

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Clinical Case

TUMEUR RECTALE SOUS-MUQUEUSE


Pr J Leroy, Dr F Jamali, Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Strasbourg, France

1. Résumé


Les tumeurs rectales sous-muqueuses sont peu fréquentes. Le bilan préopératoire doit différencier de façon précise une tumeur bénigne d’une tumeur maligne afin d’envisager le traitement approprié : une tumeur bénigne, même volumineuse, sera traitée par exérèse conservatrice.

2. Mots-clés


Côlon, urgence, cancer

3. Patient


Homme, 57 ans

4. Antécédents


Syringomyélie
Scoliose

5. Histoire de la maladie


Lors d’un examen systématique, il est mis en évidence une masse rectale latérale au toucher rectal. Le patient est totalement asymptomatique. La masse est ferme, mesure 6 à 7 cm et est localisée sur la face latérale droite du rectum. Elle est fixe et s’étend de 2 à 7 cm de la marge anale.

6. Bilan


6.1. Rectoscopie et colonoscopie

L’examen confirme l’existence d’une lésion sous-muqueuse. Bien que légèrement épaissie, la muqueuse est intacte. Le reste du rectum et du côlon est normal.

6.2. Échographie endorectale

L’échographie confirme une masse pararectale se développant aux dépens de la paroi musculaire du rectum. La prostate et les vésicules séminales ne sont pas envahies.

6.3. IRM endorectale

L’IRM met en évidence une lésion pararectale solide, envahissant la paroi musculaire du rectum. Là encore, il n’y pas de signes d’envahissement des tissus péri-rectaux ni des vésicules séminales.

6.4. Scanner

L’examen tomodensitométrique identifie la masse rétrovésicale.

7. Évolution clinique


Une biopsie transrectale (Tru-Cut) est réalisée : l’examen anatomopathologique est en faveur d’un léiomyome sans malignité.

8. Traitement


Après plusieurs discussions ardues, hésitantes entre l’énucléation et une résection radicale en raison de la gravité potentielle d’une exérèse incomplète d’une tumeur maligne, nous avons réalisé une énucléation par voie trans-anale.

9. Anatomopathologie


L’examen anatomopathologique confirme le caractère bénin de la tumeur : léiomyome de 6x5x4 cm, pesant 65 g. Le nodule est constitué d’une prolifération de cellules musculaires lisses agencées en faisceaux enchevêtrés, avec de rares mitoses (1 pour 20 champs).

10. Discussion


Les léiomyomes de la paroi rectale sont des tumeurs excessivement rares (0.1-0.3 % des tumeurs du tractus digestif, l’incidence des tumeurs musculaires lisses étant de 7 % dans le tractus digestif). Une revue de la littérature retrouve 148 cas rapportés. Les léiomyomes bénins sont habituellement asymptomatiques. Les seuls symptômes retrouvés sont une gêne ou de rares douleurs, liés ou non à la défécation, une sensation de corps étranger, des troubles du transit ou des rectorragies étant exceptionnels. Comme dans notre observation, les léiomyomes du rectum sont habituellement mis en évidence de façon fortuite lors de la réalisation d’un examen du rectum.
L’option thérapeutique choisie dépend essentiellement du caractère malin ou non de la lésion. Les tumeurs bénignes peuvent être traitées par énucléation ou par résection limitée, alors que les léiomyosarcomes impliquent un traitement agressif avec des marges de résections larges et souvent une radiothérapie complémentaire. Cliniquement, la présence d’une ulcération ou de saignements est en faveur de la malignité.
L’échographie endorectale et l’IRM endorectale ont aujourd’hui un intérêt certain dans l’évaluation de l’origine et de la nature de la lésion. Elles peuvent mettre en évidence un envahissement de la paroi rectale et des structures péri-rectales et fournir une évaluation précise de la taille de la tumeur et de son extension, facteurs déterminants dans le choix thérapeutique final. L’échographie endorectale donne des résultats comparables à l’IRM endorectale dans la définition de l’envahissement de la paroi rectale, mais semble supérieure pour déterminer l’existence d’un envahissement ganglionnaire. En raison du haut risque de récidive de ces lésions (10-31 %), une surveillance rapprochée est recommandée.

11. Références


  1. Hsieh JS, Huang CJ, Wang JY, Huang TJ. Benefits of endorectal ultrasound for management of smooth-muscle tumor of the rectum: report of three cases. Dis Colon Rectum 1999;42:1085-8.
  2. Maldjian C, Smith R, Kilger A, Schnall M, Ginsberg G, Kochman M. Endorectal surface coil MR imaging as a staging technique for rectal carcinoma: a comparison study to rectal endosonography. Abdom Imaging 2000;25:75-80.
  3. Tarasidis G, Brown BC, Skandalakis LJ, Mackay G, Lauer RC, Gray SW, Skandalakis JE. Smooth muscle tumors of the rectum and anus: a collective review of the world literature. J Med Assoc Ga 1991;80:685-99.
  4. Vorobyov GI, Odaryuk TS, Kapuller LL, Shelygin YA, Kornyak BS. Surgical treatment of benign, myomatous rectal tumors. Dis Colon Rectum 1992;35:328-31.
  5. Zerilli M, Lotito S, Scarpini M, Mingazzini PL, Meli C, Lombardi A, Picchio M, Di Giorgio A, Flammia M. Recurrent leiomyoma of the rectum treated by endoscopic transanal microsurgery. G Chir 1997;18:433-6.